February 26, 2025

Pourquoi la durabilité est essentielle pour réduire les inégalités femmes-hommes dans l’adtech

Cet article a été publié précédemment dans The Media Leader.

Alors que l’on pourrait croire que les mentalités ont évolué concernant la place des femmes dans les métiers de la technologie, certaines expériences nous ramènent brutalement à la réalité.

J’ai vécu l’une de ces expériences il y a quelques jours. Je participais à un appel téléphonique avec une personne travaillant pour un grand groupe technologique.

Après m’être présentée à l’ensemble des participants, je m’apprêtais à commencer ma présentation sur l’intégration de notre solution à leur plateforme lorsqu’un d’eux, qui ne me connaissait pas, m’a demandé si je pouvais inviter quelqu’un de « plus calé en technologie » pour nous aider à réaliser cette intégration.

De toute évidence, il était inconcevable qu’une femme comme moi ait pu contribuer à la conception de la solution technologique dont nous allions discuter. Après tout, je n’étais qu’une femme.

Si j’évoque cet incident, ce n’est pas seulement pour souligner les inégalités persistantes entre les femmes et les hommes dans l’adtech et, plus généralement, dans le secteur technologique, même si cette situation continue de m’agacer après toutes ces années.

Alors que le secteur fait face à une crise imminente du recrutement de talents technologiques, je souhaite également mettre en lumière les obstacles considérables qui persistent. Ces barrières empêchent encore les femmes de contribuer pleinement à combler les importants déficits de compétences de nos équipes technologiques, déjà en sous-effectif.

La crise des talents technologiques

Commençons par prendre un peu de recul. Toute personne qui recrute actuellement des profils technologiques sait que le secteur traverse une véritable crise des talents, qui menace de compromettre son développement.

En résumé, l’essor rapide de l’économie numérique a créé une demande sans précédent de profils technologiques, bien supérieure au nombre de diplômés possédant les qualifications nécessaires pour occuper ces postes.

Les entreprises ne disposent tout simplement pas d’un nombre suffisant de candidats pour pourvoir les postes disponibles. Des rapports récents indiquent que plus de 500 000 postes technologiques restent vacants dans différents pays européens. Au Royaume-Uni, quatre entreprises sur cinq font face à une pénurie de compétences informatiques et technologiques.

Et la situation ne cesse de s’aggraver. Une analyse de McKinsey estime que le déficit de talents technologiques dans les 27 pays de l’Union européenne pourrait atteindre entre 1,4 et 3,9 millions de personnes d’ici 2027.

Comment les femmes peuvent contribuer à résoudre cette crise

Mais comment attirer davantage de personnes vers les métiers de la technologie ? Selon Tech Nation, les femmes ne représentent que 26 % des effectifs du secteur technologique au Royaume-Uni. Alors qu’elles constituent la moitié de la population active, elles restent largement sous-représentées dans ce secteur et leur potentiel demeure sous-exploité.

McKinsey estime que si l’Europe doublait la proportion de femmes occupant des postes technologiques d’ici 2027, elle pourrait non seulement combler ce déficit de talents, mais aussi générer une hausse du PIB comprise entre 260 et 600 milliards d’euros.

Pour préserver sa compétitivité et soutenir sa croissance future, l’Europe doit donc attirer et fidéliser les talents féminins afin de pourvoir les postes technologiques essentiels.

Cependant, comme je l’ai expliqué en introduction, les femmes continuent de rencontrer de nombreux obstacles pour accéder aux métiers de la technologie et y progresser. Les biais inconscients, les discriminations au travail et le manque de modèles féminins freinent leur potentiel et limitent la croissance globale du secteur. Comment attirer davantage de femmes dans les métiers technologiques, et notamment dans l’adtech ?

L’éducation, encore et toujours l’éducation

Le meilleur point de départ consiste à s’attaquer à la racine du problème : l’éducation. Dès leur plus jeune âge, les filles ne sont tout simplement pas suffisamment encouragées à envisager une carrière dans la technologie. Dans certains cas, elles en sont même activement dissuadées.

Une consultation OpinionWay pour Elles Bougent, réalisée auprès d’ingénieures, de techniciennes et d’étudiantes dans ces filières, révèle que 82 % des répondantes ont été confrontées à des stéréotypes de genre pendant leur scolarité.

Pour celles qui sont suffisamment déterminées à poursuivre une carrière technologique, les préjugés ne disparaissent pas après les premières années d’études. Près de la moitié des sondées (48 %) citent le manque de soutien, d’accompagnement ou de modèles féminins parmi les principales difficultés rencontrées lors de leurs études supérieures. Par ailleurs, 20 % des étudiantes et 13 % des femmes en activité citent l’existence de violences sexuelles ou de harcèlement parmi les difficultés de leurs études.

Il n’est donc pas surprenant que, selon Accenture,  les femmes ne représentent que 25 % des diplômés dans les filières technologiques. Leur taux d’abandon dans ces formations atteint 37 %, soit davantage que dans les autres filières.

En résumé, il faut faire beaucoup plus pour encourager les femmes à envisager une carrière dans la technologie et mieux accompagner celles qui suivent déjà une formation dans ce domaine.

Miser davantage sur la durabilité

Bien entendu, offrir un environnement de travail plus flexible et plus favorable à l’épanouissement professionnel est essentiel pour attirer des profils plus diversifiés dans l’adtech. Pourtant, un domaine du secteur semble particulièrement bien réussir à attirer les femmes : la durabilité.

Chaque jour, je travaille aux côtés de femmes remarquables qui jouent un rôle moteur dans la transition vers un écosystème publicitaire plus durable. Elles sont présentes dans différentes organisations du secteur, notamment IAB Europe et Ad Net Zero, ainsi qu’au sein de ma propre entreprise, Impact Plus. Les femmes occupent ainsi la moitié des postes de notre équipe de direction et 80 % des postes de management intermédiaire.

Dans mes précédentes entreprises, j’avais du mal à trouver des femmes pour pourvoir les postes liés à l’adtech. Chez Impact Plus, la situation est différente : je reçois de nombreuses candidatures de femmes qui souhaitent contribuer à un changement positif.

La plupart d’entre elles me disent la même chose : elles envisageaient de quitter ce secteur, mais si elles peuvent faire avancer la durabilité au sein même de leur industrie, pourquoi ne pas essayer ?

Cette tendance ne se limite pas à l’adtech. Plusieurs études suggèrent que les femmes sont davantage susceptibles d’adopter des comportements respectueux de l’environnement, comme le recyclage, la réduction de leur consommation d’énergie ou l’achat de produits écologiques.

Ce phénomène est désigné par l’expression « eco gender gap », qui décrit les différences de comportements écologiques entre les femmes et les hommes. Les femmes seraient également plus susceptibles de soutenir les politiques environnementales et de défendre des pratiques durables.

À mesure que les jeunes générations adoptent des modes de vie et des habitudes d’achat plus respectueux de la planète, cet écart devrait, espérons-le, se réduire. Après tout, le changement climatique concerne tout le monde.

Il est toutefois important d’éviter les généralisations liées au genre. Dans l’ensemble, les recherches suggèrent néanmoins que les femmes manifestent davantage d’intérêt pour la durabilité que les hommes.

Alors que de nombreuses femmes jouent déjà un rôle moteur dans le domaine de la durabilité, il n’est pas surprenant qu’elles soient de plus en plus attirées par les entreprises qui s’efforcent de réduire l’impact environnemental de leurs publicités numériques.

Construire un avenir plus durable

Les femmes ne devraient pas se laisser décourager par la prédominance masculine dans l’adtech. De nombreuses professionnelles remarquables contribuent déjà à bâtir un avenir plus durable pour la publicité numérique. Elles démontrent leur expertise et ouvrent la voie à d’autres femmes.

L’intérêt croissant pour la durabilité dans le secteur technologique représente une occasion unique de répondre à la pénurie de talents. En mettant l’accent sur les impacts environnementaux et sociaux, nous pouvons attirer davantage de femmes dans cette industrie et constituer des équipes plus diversifiées et innovantes.

Mais elles ont besoin de soutien. En favorisant des pratiques de recrutement inclusives, en développant des programmes de mentorat et en renforçant leur engagement en faveur de la durabilité, les entreprises peuvent créer un environnement dans lequel les femmes ne se contentent pas d’accéder aux métiers technologiques : elles peuvent aussi s’y épanouir et y réussir.

Pourquoi la durabilité est essentielle pour réduire les inégalités femmes-hommes dans l’adtech

Cet article a été publié précédemment dans The Media Leader.

Alors que l’on pourrait croire que les mentalités ont évolué concernant la place des femmes dans les métiers de la technologie, certaines expériences nous ramènent brutalement à la réalité.

J’ai vécu l’une de ces expériences il y a quelques jours. Je participais à un appel téléphonique avec une personne travaillant pour un grand groupe technologique.

Après m’être présentée à l’ensemble des participants, je m’apprêtais à commencer ma présentation sur l’intégration de notre solution à leur plateforme lorsqu’un d’eux, qui ne me connaissait pas, m’a demandé si je pouvais inviter quelqu’un de « plus calé en technologie » pour nous aider à réaliser cette intégration.

De toute évidence, il était inconcevable qu’une femme comme moi ait pu contribuer à la conception de la solution technologique dont nous allions discuter. Après tout, je n’étais qu’une femme.

Si j’évoque cet incident, ce n’est pas seulement pour souligner les inégalités persistantes entre les femmes et les hommes dans l’adtech et, plus généralement, dans le secteur technologique, même si cette situation continue de m’agacer après toutes ces années.

Alors que le secteur fait face à une crise imminente du recrutement de talents technologiques, je souhaite également mettre en lumière les obstacles considérables qui persistent. Ces barrières empêchent encore les femmes de contribuer pleinement à combler les importants déficits de compétences de nos équipes technologiques, déjà en sous-effectif.

La crise des talents technologiques

Commençons par prendre un peu de recul. Toute personne qui recrute actuellement des profils technologiques sait que le secteur traverse une véritable crise des talents, qui menace de compromettre son développement.

En résumé, l’essor rapide de l’économie numérique a créé une demande sans précédent de profils technologiques, bien supérieure au nombre de diplômés possédant les qualifications nécessaires pour occuper ces postes.

Les entreprises ne disposent tout simplement pas d’un nombre suffisant de candidats pour pourvoir les postes disponibles. Des rapports récents indiquent que plus de 500 000 postes technologiques restent vacants dans différents pays européens. Au Royaume-Uni, quatre entreprises sur cinq font face à une pénurie de compétences informatiques et technologiques.

Et la situation ne cesse de s’aggraver. Une analyse de McKinsey estime que le déficit de talents technologiques dans les 27 pays de l’Union européenne pourrait atteindre entre 1,4 et 3,9 millions de personnes d’ici 2027.

Comment les femmes peuvent contribuer à résoudre cette crise

Mais comment attirer davantage de personnes vers les métiers de la technologie ? Selon Tech Nation, les femmes ne représentent que 26 % des effectifs du secteur technologique au Royaume-Uni. Alors qu’elles constituent la moitié de la population active, elles restent largement sous-représentées dans ce secteur et leur potentiel demeure sous-exploité.

McKinsey estime que si l’Europe doublait la proportion de femmes occupant des postes technologiques d’ici 2027, elle pourrait non seulement combler ce déficit de talents, mais aussi générer une hausse du PIB comprise entre 260 et 600 milliards d’euros.

Pour préserver sa compétitivité et soutenir sa croissance future, l’Europe doit donc attirer et fidéliser les talents féminins afin de pourvoir les postes technologiques essentiels.

Cependant, comme je l’ai expliqué en introduction, les femmes continuent de rencontrer de nombreux obstacles pour accéder aux métiers de la technologie et y progresser. Les biais inconscients, les discriminations au travail et le manque de modèles féminins freinent leur potentiel et limitent la croissance globale du secteur. Comment attirer davantage de femmes dans les métiers technologiques, et notamment dans l’adtech ?

L’éducation, encore et toujours l’éducation

Le meilleur point de départ consiste à s’attaquer à la racine du problème : l’éducation. Dès leur plus jeune âge, les filles ne sont tout simplement pas suffisamment encouragées à envisager une carrière dans la technologie. Dans certains cas, elles en sont même activement dissuadées.

Une consultation OpinionWay pour Elles Bougent, réalisée auprès d’ingénieures, de techniciennes et d’étudiantes dans ces filières, révèle que 82 % des répondantes ont été confrontées à des stéréotypes de genre pendant leur scolarité.

Pour celles qui sont suffisamment déterminées à poursuivre une carrière technologique, les préjugés ne disparaissent pas après les premières années d’études. Près de la moitié des sondées (48 %) citent le manque de soutien, d’accompagnement ou de modèles féminins parmi les principales difficultés rencontrées lors de leurs études supérieures. Par ailleurs, 20 % des étudiantes et 13 % des femmes en activité citent l’existence de violences sexuelles ou de harcèlement parmi les difficultés de leurs études.

Il n’est donc pas surprenant que, selon Accenture,  les femmes ne représentent que 25 % des diplômés dans les filières technologiques. Leur taux d’abandon dans ces formations atteint 37 %, soit davantage que dans les autres filières.

En résumé, il faut faire beaucoup plus pour encourager les femmes à envisager une carrière dans la technologie et mieux accompagner celles qui suivent déjà une formation dans ce domaine.

Miser davantage sur la durabilité

Bien entendu, offrir un environnement de travail plus flexible et plus favorable à l’épanouissement professionnel est essentiel pour attirer des profils plus diversifiés dans l’adtech. Pourtant, un domaine du secteur semble particulièrement bien réussir à attirer les femmes : la durabilité.

Chaque jour, je travaille aux côtés de femmes remarquables qui jouent un rôle moteur dans la transition vers un écosystème publicitaire plus durable. Elles sont présentes dans différentes organisations du secteur, notamment IAB Europe et Ad Net Zero, ainsi qu’au sein de ma propre entreprise, Impact Plus. Les femmes occupent ainsi la moitié des postes de notre équipe de direction et 80 % des postes de management intermédiaire.

Dans mes précédentes entreprises, j’avais du mal à trouver des femmes pour pourvoir les postes liés à l’adtech. Chez Impact Plus, la situation est différente : je reçois de nombreuses candidatures de femmes qui souhaitent contribuer à un changement positif.

La plupart d’entre elles me disent la même chose : elles envisageaient de quitter ce secteur, mais si elles peuvent faire avancer la durabilité au sein même de leur industrie, pourquoi ne pas essayer ?

Cette tendance ne se limite pas à l’adtech. Plusieurs études suggèrent que les femmes sont davantage susceptibles d’adopter des comportements respectueux de l’environnement, comme le recyclage, la réduction de leur consommation d’énergie ou l’achat de produits écologiques.

Ce phénomène est désigné par l’expression « eco gender gap », qui décrit les différences de comportements écologiques entre les femmes et les hommes. Les femmes seraient également plus susceptibles de soutenir les politiques environnementales et de défendre des pratiques durables.

À mesure que les jeunes générations adoptent des modes de vie et des habitudes d’achat plus respectueux de la planète, cet écart devrait, espérons-le, se réduire. Après tout, le changement climatique concerne tout le monde.

Il est toutefois important d’éviter les généralisations liées au genre. Dans l’ensemble, les recherches suggèrent néanmoins que les femmes manifestent davantage d’intérêt pour la durabilité que les hommes.

Alors que de nombreuses femmes jouent déjà un rôle moteur dans le domaine de la durabilité, il n’est pas surprenant qu’elles soient de plus en plus attirées par les entreprises qui s’efforcent de réduire l’impact environnemental de leurs publicités numériques.

Construire un avenir plus durable

Les femmes ne devraient pas se laisser décourager par la prédominance masculine dans l’adtech. De nombreuses professionnelles remarquables contribuent déjà à bâtir un avenir plus durable pour la publicité numérique. Elles démontrent leur expertise et ouvrent la voie à d’autres femmes.

L’intérêt croissant pour la durabilité dans le secteur technologique représente une occasion unique de répondre à la pénurie de talents. En mettant l’accent sur les impacts environnementaux et sociaux, nous pouvons attirer davantage de femmes dans cette industrie et constituer des équipes plus diversifiées et innovantes.

Mais elles ont besoin de soutien. En favorisant des pratiques de recrutement inclusives, en développant des programmes de mentorat et en renforçant leur engagement en faveur de la durabilité, les entreprises peuvent créer un environnement dans lequel les femmes ne se contentent pas d’accéder aux métiers technologiques : elles peuvent aussi s’y épanouir et y réussir.

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