L’empreinte carbone des publicités du Super Bowl : le coût caché de l’événement
Une partie de cet article a été publiée à l’origine dans The Media Leader.
Ces dernières semaines, le coût exorbitant des publicités diffusées lors du Super Bowl 2025 a fait couler beaucoup d’encre. Et pour cause.
Pour cette édition, qui a opposé les Kansas City Chiefs, doubles champions en titre, aux Philadelphia Eagles au Caesars Superdome de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, le prix de 30 secondes de publicité a atteint le montant record de 8 millions de dollars. Cela représente environ 267 000 dollars par seconde.
Cependant, un autre coût lié au Super Bowl est souvent négligé : son impact sur la planète.
Le coût carbone des publicités du Super Bowl
De leur production à leur diffusion, jusqu’à leur visionnage sur des téléviseurs ou des appareils numériques, les publicités du Super Bowl nécessitent une quantité considérable d’énergie et génèrent ainsi d’importantes émissions de gaz à effet de serre (GES).
Environ 70 publicités sont diffusées pendant le Super Bowl, devant une audience mondiale estimée à 170 millions de personnes, pour près de 50 minutes de temps publicitaire. Pourtant, la majeure partie des émissions provient des activités numériques entourant ces campagnes, plutôt que de la retransmission principale. Cela comprend les teasers diffusés avant le match, la promotion sur les réseaux sociaux, les mises à jour des sites web et les interactions après la rencontre. Au total, ces activités représentent des milliards d’impressions publicitaires numériques.
Il est difficile de calculer précisément les émissions générées par les publicités du Super Bowl, compte tenu du nombre considérable de variables et de l’ampleur des activités concernées.
Si l’on se concentre uniquement sur la diffusion et le visionnage des publicités numériques, plusieurs facteurs peuvent influencer l’impact environnemental global d’une campagne. Parmi eux figurent le poids des fichiers et la durée des créations publicitaires, la plateforme numérique sur laquelle le contenu est consulté et l’appareil utilisé pour le visionner.
Cependant, sachant que seulement 5 à 10 millions d’impressions publicitaires peuvent générer autant d’émissions de GES que le trajet en avion d’un passager entre Londres et le Nevada, on comprend déjà l’ampleur du problème.
Alors, comment les annonceurs peuvent-ils réduire le coût carbone de leurs campagnes du Super Bowl sans compromettre leurs résultats ? Voici quelques conseils. Les réductions mentionnées reposent sur la méthodologie d’Impact Plus.
1. Évaluez le terrain avant de vous lancer
Avant de commencer, il est essentiel de comprendre les enjeux. Pour chaque annonceur du Super Bowl, cela signifie évaluer, suivre et comparer l’impact environnemental de sa campagne sur l’ensemble des canaux de diffusion.
La bonne nouvelle, c’est qu’il existe de nombreux outils utiles. Parmi eux, le calculateur d’AdGreen, qui mesure le coût carbone de la production publicitaire, et l’Environmental Sustainability Platform (ESP) d’Impact Plus, qui suit les émissions générées par les campagnes publicitaires numériques et propose des recommandations pour les réduire.
2. Chaque seconde peut changer la donne
Avec des spots de 30 secondes à 8 millions de dollars, il n’est pas surprenant que la plupart des annonceurs limitent leurs publicités télévisées à une demi-minute pour maîtriser leurs dépenses. En ligne, toutefois, les marques adoptent une approche différente et diffusent des versions plus longues.
Pourtant, chaque seconde de lecture d’une vidéo en ligne a un impact sur les émissions de GES. En raccourcissant leurs vidéos numériques, les marques présentes au Super Bowl peuvent donc non seulement améliorer leur taux de visionnage complet, mais aussi réduire considérablement leur impact sur la planète.
3. Le poids des créations fait toute la différence
Le poids des créations publicitaires d’une marque influence considérablement les émissions associées à ses campagnes. Ce facteur est particulièrement important lors du Super Bowl, où les marques dépensent des millions pour produire des films spectaculaires conçus pour attirer tous les regards.
Si des publicités soignées sont idéales sur grand écran, il n’est pas nécessaire d’utiliser des vidéos en très haute définition ou des images haute résolution pour toucher les utilisateurs sur des écrans de taille modeste. Or, il est possible de réduire le poids des fichiers sans perte de qualité perceptible pour le spectateur, notamment sur mobile.
Par exemple, l’outil Creative Optimizer d’Impact Plus réduit en moyenne de 20 % les émissions de GES générées par une publicité vidéo numérique. Il crée des fichiers publicitaires plus légers, évitant ainsi une part importante des émissions grâce à une réduction de la charge sur les serveurs, les réseaux et les appareils. Des techniques comme la compression vidéo peuvent également contribuer à ces économies.
En choisissant des fichiers vidéo plus légers, les spécialistes du marketing peuvent aussi améliorer l’expérience utilisateur, puisque les internautes n’ont pas à attendre aussi longtemps le chargement des publicités.
4. Une image vaut mille mots
Le Super Bowl est l’un des rares événements, voire le seul, où l’on trouve des « publicités pour des publicités ». Il s’agit généralement de vidéos de 5 à 15 secondes partagées en ligne pour susciter l’enthousiasme autour d’une campagne et de la célébrité qui y participe.
Certaines de ces campagnes sont remarquables. Pourtant, une simple image peut parfois être tout aussi efficace, voire davantage, pour éveiller la curiosité du public.
Une image vaut mille mots, mais elle est également meilleure pour la planète : les vidéos génèrent en moyenne six fois plus d’émissions de GES que les créations publicitaires display classiques.
5. Privilégiez l’attention
Les publicités qui ne sont pas vues génèrent des émissions inutiles. En privilégiant les plateformes qui favorisent des taux de conversion plus élevés plutôt que celles qui maximisent la portée et le volume de diffusion, les annonceurs du Super Bowl peuvent réduire sensiblement leur empreinte carbone.
Évitez les emplacements publicitaires affichant de faibles taux de visibilité ou de visionnage complet des vidéos. Veillez également à ne pas exposer les utilisateurs à une fréquence publicitaire excessive.
6. Optimisez la chaîne programmatique
Les annonceurs peuvent réduire leurs émissions en simplifiant leurs chaînes d’approvisionnement programmatiques et en limitant le nombre d’intermédiaires. Lorsque cela est possible, l’achat direct auprès des éditeurs permet d’améliorer encore l’efficacité du processus.
7. Tout dépend de la diffusion
Comprendre les habitudes d’utilisation des appareils et les préférences de connexion de votre audience est essentiel pour limiter les émissions. Par exemple, il est possible d’optimiser la diffusion en privilégiant les connexions Wi-Fi, moins énergivores que les connexions 5G.
Les utilisateurs connectés au Wi-Fi sont également souvent plus attentifs, car ils sont moins susceptibles d’être en déplacement et sont donc exposés à moins de distractions.
En amont du Super Bowl, les annonceurs peuvent aussi réduire leurs émissions en adaptant la diffusion de leurs campagnes. Ils peuvent privilégier les heures creuses et les jours où la consommation d’énergie est plus faible. L’objectif est de diffuser lorsque les réseaux électriques dépendent moins des combustibles fossiles.
Conclusion
En mettant en œuvre certaines de ces recommandations, les marques peuvent réduire considérablement l’impact environnemental global de leurs campagnes du Super Bowl.
Cependant, pour les marques qui souhaitent réellement s’attaquer à l’empreinte carbone de leur publicité numérique, le Super Bowl ne représente que la partie émergée de l’iceberg, une partie particulièrement imposante, certes. C’est un bon point de départ. Mais parvenir à une publicité véritablement durable, à l’image d’un match de football américain, suppose de gagner du terrain pas à pas.
C’est en apportant de petits changements au quotidien à la manière dont les marques et les agences planifient, diffusent et activent leurs campagnes numériques que nous pourrons espérer obtenir des résultats significatifs.
Que le match commence !
L’empreinte carbone des publicités du Super Bowl : le coût caché de l’événement
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Une partie de cet article a été publiée à l’origine dans The Media Leader.
Ces dernières semaines, le coût exorbitant des publicités diffusées lors du Super Bowl 2025 a fait couler beaucoup d’encre. Et pour cause.
Pour cette édition, qui a opposé les Kansas City Chiefs, doubles champions en titre, aux Philadelphia Eagles au Caesars Superdome de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, le prix de 30 secondes de publicité a atteint le montant record de 8 millions de dollars. Cela représente environ 267 000 dollars par seconde.
Cependant, un autre coût lié au Super Bowl est souvent négligé : son impact sur la planète.
Le coût carbone des publicités du Super Bowl
De leur production à leur diffusion, jusqu’à leur visionnage sur des téléviseurs ou des appareils numériques, les publicités du Super Bowl nécessitent une quantité considérable d’énergie et génèrent ainsi d’importantes émissions de gaz à effet de serre (GES).
Environ 70 publicités sont diffusées pendant le Super Bowl, devant une audience mondiale estimée à 170 millions de personnes, pour près de 50 minutes de temps publicitaire. Pourtant, la majeure partie des émissions provient des activités numériques entourant ces campagnes, plutôt que de la retransmission principale. Cela comprend les teasers diffusés avant le match, la promotion sur les réseaux sociaux, les mises à jour des sites web et les interactions après la rencontre. Au total, ces activités représentent des milliards d’impressions publicitaires numériques.
Il est difficile de calculer précisément les émissions générées par les publicités du Super Bowl, compte tenu du nombre considérable de variables et de l’ampleur des activités concernées.
Si l’on se concentre uniquement sur la diffusion et le visionnage des publicités numériques, plusieurs facteurs peuvent influencer l’impact environnemental global d’une campagne. Parmi eux figurent le poids des fichiers et la durée des créations publicitaires, la plateforme numérique sur laquelle le contenu est consulté et l’appareil utilisé pour le visionner.
Cependant, sachant que seulement 5 à 10 millions d’impressions publicitaires peuvent générer autant d’émissions de GES que le trajet en avion d’un passager entre Londres et le Nevada, on comprend déjà l’ampleur du problème.
Alors, comment les annonceurs peuvent-ils réduire le coût carbone de leurs campagnes du Super Bowl sans compromettre leurs résultats ? Voici quelques conseils. Les réductions mentionnées reposent sur la méthodologie d’Impact Plus.
1. Évaluez le terrain avant de vous lancer
Avant de commencer, il est essentiel de comprendre les enjeux. Pour chaque annonceur du Super Bowl, cela signifie évaluer, suivre et comparer l’impact environnemental de sa campagne sur l’ensemble des canaux de diffusion.
La bonne nouvelle, c’est qu’il existe de nombreux outils utiles. Parmi eux, le calculateur d’AdGreen, qui mesure le coût carbone de la production publicitaire, et l’Environmental Sustainability Platform (ESP) d’Impact Plus, qui suit les émissions générées par les campagnes publicitaires numériques et propose des recommandations pour les réduire.
2. Chaque seconde peut changer la donne
Avec des spots de 30 secondes à 8 millions de dollars, il n’est pas surprenant que la plupart des annonceurs limitent leurs publicités télévisées à une demi-minute pour maîtriser leurs dépenses. En ligne, toutefois, les marques adoptent une approche différente et diffusent des versions plus longues.
Pourtant, chaque seconde de lecture d’une vidéo en ligne a un impact sur les émissions de GES. En raccourcissant leurs vidéos numériques, les marques présentes au Super Bowl peuvent donc non seulement améliorer leur taux de visionnage complet, mais aussi réduire considérablement leur impact sur la planète.
3. Le poids des créations fait toute la différence
Le poids des créations publicitaires d’une marque influence considérablement les émissions associées à ses campagnes. Ce facteur est particulièrement important lors du Super Bowl, où les marques dépensent des millions pour produire des films spectaculaires conçus pour attirer tous les regards.
Si des publicités soignées sont idéales sur grand écran, il n’est pas nécessaire d’utiliser des vidéos en très haute définition ou des images haute résolution pour toucher les utilisateurs sur des écrans de taille modeste. Or, il est possible de réduire le poids des fichiers sans perte de qualité perceptible pour le spectateur, notamment sur mobile.
Par exemple, l’outil Creative Optimizer d’Impact Plus réduit en moyenne de 20 % les émissions de GES générées par une publicité vidéo numérique. Il crée des fichiers publicitaires plus légers, évitant ainsi une part importante des émissions grâce à une réduction de la charge sur les serveurs, les réseaux et les appareils. Des techniques comme la compression vidéo peuvent également contribuer à ces économies.
En choisissant des fichiers vidéo plus légers, les spécialistes du marketing peuvent aussi améliorer l’expérience utilisateur, puisque les internautes n’ont pas à attendre aussi longtemps le chargement des publicités.
4. Une image vaut mille mots
Le Super Bowl est l’un des rares événements, voire le seul, où l’on trouve des « publicités pour des publicités ». Il s’agit généralement de vidéos de 5 à 15 secondes partagées en ligne pour susciter l’enthousiasme autour d’une campagne et de la célébrité qui y participe.
Certaines de ces campagnes sont remarquables. Pourtant, une simple image peut parfois être tout aussi efficace, voire davantage, pour éveiller la curiosité du public.
Une image vaut mille mots, mais elle est également meilleure pour la planète : les vidéos génèrent en moyenne six fois plus d’émissions de GES que les créations publicitaires display classiques.
5. Privilégiez l’attention
Les publicités qui ne sont pas vues génèrent des émissions inutiles. En privilégiant les plateformes qui favorisent des taux de conversion plus élevés plutôt que celles qui maximisent la portée et le volume de diffusion, les annonceurs du Super Bowl peuvent réduire sensiblement leur empreinte carbone.
Évitez les emplacements publicitaires affichant de faibles taux de visibilité ou de visionnage complet des vidéos. Veillez également à ne pas exposer les utilisateurs à une fréquence publicitaire excessive.
6. Optimisez la chaîne programmatique
Les annonceurs peuvent réduire leurs émissions en simplifiant leurs chaînes d’approvisionnement programmatiques et en limitant le nombre d’intermédiaires. Lorsque cela est possible, l’achat direct auprès des éditeurs permet d’améliorer encore l’efficacité du processus.
7. Tout dépend de la diffusion
Comprendre les habitudes d’utilisation des appareils et les préférences de connexion de votre audience est essentiel pour limiter les émissions. Par exemple, il est possible d’optimiser la diffusion en privilégiant les connexions Wi-Fi, moins énergivores que les connexions 5G.
Les utilisateurs connectés au Wi-Fi sont également souvent plus attentifs, car ils sont moins susceptibles d’être en déplacement et sont donc exposés à moins de distractions.
En amont du Super Bowl, les annonceurs peuvent aussi réduire leurs émissions en adaptant la diffusion de leurs campagnes. Ils peuvent privilégier les heures creuses et les jours où la consommation d’énergie est plus faible. L’objectif est de diffuser lorsque les réseaux électriques dépendent moins des combustibles fossiles.
Conclusion
En mettant en œuvre certaines de ces recommandations, les marques peuvent réduire considérablement l’impact environnemental global de leurs campagnes du Super Bowl.
Cependant, pour les marques qui souhaitent réellement s’attaquer à l’empreinte carbone de leur publicité numérique, le Super Bowl ne représente que la partie émergée de l’iceberg, une partie particulièrement imposante, certes. C’est un bon point de départ. Mais parvenir à une publicité véritablement durable, à l’image d’un match de football américain, suppose de gagner du terrain pas à pas.
C’est en apportant de petits changements au quotidien à la manière dont les marques et les agences planifient, diffusent et activent leurs campagnes numériques que nous pourrons espérer obtenir des résultats significatifs.
Que le match commence !